Points clés

  • Des données scientifiques ont montré que le virus responsable de la COVID-19 peut se propager dans des espaces intérieurs mal ventilés et/ou surpeuplés.
  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis, ainsi que des membres de la communauté scientifique ont examiné les risques potentiels que présentent les systèmes actuels de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) dans la propagation du virus de la COVID-19.
  • Ingénieurs Canada encourage tous les gouvernements et toutes les entreprises à inspecter leurs systèmes de CVC, avec l'aide d'un ingénieur, pour s'assurer qu'ils sont conformes aux normes énoncées par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et l'American Society of Heating, Refrigerating, and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE).
  • Il est essentiel que les gouvernements fédéral et provinciaux consultent des professionnels agréés, notamment des ingénieurs, pour évaluer et mettre à niveau les systèmes de CVC. Il faut consulter des professionnels lorsqu'on envisage de modifier des systèmes et équipements de CVC pour aider à maintenir une bonne qualité de l'air intérieur afin que le risque d'exposition au virus de la COVID-19 et de propagation de celui-ci demeure faible.
  • L'ASPC et l'ASHRAE ont publié plusieurs ressources importantes qui expliquent comment améliorer les systèmes de CVC actuels et comment atténuer correctement la transmission du virus de la COVID-19.

Contexte

Le virus de la COVID-19, et d'autres agents pathogènes semblables, peuvent se propager par diverses voies de transmission, notamment par contact direct ou indirect avec des surfaces contaminées et par exposition à des gouttelettes respiratoires. Bien que cet aspect n'ait pas été envisagé au départ, la communauté scientifique a fourni des données supplémentaires indiquant que la COVID-19 peut également se propager par des particules aérosolisées et qu’il faut aussi, par conséquent, tenir compte de la transmission du virus par voie aérienne pour enrayer sa propagation. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis ont mentionné explicitement cette préoccupation et reconnu le potentiel de transmission de la COVID-19 par voie aérienne. L’OMS a élaboré le document Roadmap to improve and ensure good indoor ventilation in the context of COVID-19, qui vise à définir les questions que les utilisateurs doivent se poser pour évaluer la ventilation intérieure et les principales étapes nécessaires pour atteindre les niveaux de ventilation recommandés afin d'améliorer la qualité de l'air intérieur et de réduire le risque de propagation de la COVID-19.

Les mises à niveau et les améliorations de la ventilation peuvent augmenter l'apport d'air pur et diluer les contaminants potentiels.[1] Toutefois, l'utilisation d'outils visant à améliorer la ventilation, comme le réglage des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) afin d'augmenter le débit d'air pour différents types de bâtiments, d'occupations et d'activités en fonction des changements environnementaux et saisonniers, peut s'avérer difficile. Le gouvernement fédéral doit continuer de travailler avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour mettre en œuvre un plan visant à établir des priorités et à effectuer des évaluations des systèmes de CVC afin de relever adéquatement ces défis. En outre, il est nécessaire de consulter des professionnels expérimentés et objectifs lorsqu'on envisage de modifier des systèmes et des équipements de CVC afin de maintenir une bonne qualité de l'air intérieur, de sorte que le risque d'exposition au virus de la COVID-19 reste faible.

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a élaboré le guide COVID-19 : Guide de ventilation des espaces intérieurs pendant la pandémie afin de renseigner les Canadiens sur la façon dont la ventilation des espaces intérieurs, combinée à d'autres mesures de santé publique recommandées, peut réduire la propagation de la COVID-19. Ce guide fournit également des conseils pratiques sur la façon d'améliorer la qualité de l'air intérieur, la ventilation et la filtration pour réduire la propagation de la COVID-19.

L'American Society of Heating, Refrigerating, and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE) a également publié plusieurs ressources clés qui expliquent comment améliorer les systèmes actuels de CVC et comment atténuer correctement la transmission du virus de la COVID-19. Le Building Readiness Guide de l’ASHRAE comprend une liste de contrôle détaillée qui mentionne explicitement de faire appel à des professionnels agréés et certifiés pouvant fournir les services d'analyse, de test, de conception, de construction, de programmation de contrôle, d'équilibrage, de mise en service, d’entretien et d'exploitation qui sont nécessaires pour effectuer des réglages de CVC et atteindre un fonctionnement optimal afin de réduire la propagation de la COVID-19.[2] Le document recommande de « consulter un ingénieur local pour déterminer les niveaux d'humidité relative minimaux appropriés en fonction des conditions climatiques locales, du type de construction et de l'âge du bâtiment en question ».[3] Ingénieurs Canada est tout à fait d'accord avec les lignes directrices de l'ASHRAE et recommande que tous les paliers de gouvernement consultent des ingénieurs afin d'aborder de façon experte les questions de CVC pour prévenir la propagation de la COVID-19.

Ingénieurs Canada croit qu'il est essentiel que le gouvernement fédéral agisse de façon progressive et proactive pour maintenir la sécurité publique. C’est pourquoi Ingénieurs Canada recommande également que la Directive sur la gestion des immeubles dans le contexte de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), publiée par le gouvernement fédéral et adoptée par Services publics et Approvisionnement Canada, soit modifiée afin d'inclure la nécessité de consulter des ingénieurs lors des évaluations et des mises à niveau des systèmes de CVC. 

Prochaines étapes

  • Ingénieurs Canada encourage tous les gouvernements et toutes les entreprises à inspecter leurs systèmes de CVC, avec l'aide d'un ingénieur, pour s'assurer qu'ils sont conformes aux normes énoncées par l’ASPC et de l’ASHRAE.
  • Ingénieurs Canada continuera de suivre et de préconiser la participation des ingénieurs aux modifications des équipements de CVC pour aider à maintenir une bonne qualité de l'air intérieur afin que le risque d'exposition au virus de la COVID-19 demeure faible.

[1] Centers for Disease Control and Prevention (2021). “Cleaning, Disinfecting, & Ventilation.” Consulté le 16 août 2021 à l’adresse : https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/community/ventilation.html.

[2] American Society of Heating, Refrigerating, and Air-Conditioning Engineers (2020). “Building Readiness.” Consulté le 16 août 2021 à l’adresse : Building Readiness (ashrae.org).

[3] Ibid.