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INWED 2020 : Amina Stoddart, PhD, P.Eng. / Carolina Ontiveros

2020.06.17

Amina Stoddart, Ph.D., P.Eng.
Crédit photo: Daniel Abriel


Carolina Ontiveros

Amina Stoddart, PhD, P.Eng.
Professeure adjointe, Département de génie civil et des ressources, Université Dalhousie

Carolina Ontiveros 
Associée de recherche, Université Dalhousie

Pour le simple observateur, le rapprochement entre le domaine de l’eau et des eaux usées et le domaine de la santé peut ne pas sembler évident. Mais au début du mois d’avril dernier, alors que la COVID‑19 continuait de se propager, la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse devait trouver des options fiables et efficaces pour le retraitement des respirateurs N-95 en cas de pénurie. La Régie a donc pris contact avec l’Université Dalhousie pour trouver des chercheurs spécialisés en stratégies de désinfection aux rayons UV qui seraient prêts à étudier la possibilité de désinfecter les masques N-95 pour les rendre réutilisables. 

Amina Stoddart, professeure en génie, et son associée de recherche, Carolina Ontiveros, une nouvelle diplômée en génie, ont immédiatement fait le lien avec leurs travaux sur l’utilisation de la désinfection aux rayons UV dans le domaine de l’eau et des eaux usées.

« La désinfection aux UV est très courante dans le secteur de l’eau et des eaux usées, explique Mme Stoddart. C’était donc une bonne solution dans la mesure où nous disposons de ces connaissances et où nous pouvons les appliquer à un autre domaine. »

« C’est évidemment différent pour nous de désinfecter des masques, mais les installations sont les mêmes et notre expertise peut facilement être appliquée à ce domaine. »

Depuis le début du mois d’avril, moment où l’université a été contactée la première fois et a mis le projet sur pied, l’équipe de recherche collabore avec la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse afin d’étudier l’utilisation des rayons UV.

« Il est très important de le faire en collaboration avec les professionnels de la santé, pour tenir compte de leur perspective, précise Mme Ontiveros, dont le mémoire de maîtrise porte sur la technologie des DEL UV dans le domaine de l’eau et des eaux usées. Les ingénieurs se concentrent sur la rigueur scientifique, le contrôle de la qualité et l’application concrète de notions scientifiques, tandis que les professionnels de la santé apportent leur expertise en soins de santé. »

De la même façon, Mme Stoddart explique que ce sont les spécialistes de l’eau et des eaux usées qui ont les ressources et les laboratoires nécessaires pour doser et tester rigoureusement les rayons UV, dans des conditions expérimentales contrôlées. Et jusqu’à présent, les résultats sont encourageants.

« Nous nous sommes rendu compte que la désinfection aux UV semble très efficace, déclare Mme Stoddart. Si on recourt à un désinfectant plus puissant, on risque d’endommager l’intégrité du masque. Mais nous avons constaté que la désinfection aux UV est très efficace, ce qui est vraiment prometteur. »

Nous espérons que les respirateurs N-95 à usage unique pourront être réutilisés si nous arrivons à trouver un moyen sûr, facile et efficace de les désinfecter. Ceci permettrait d’atténuer les inquiétudes au sujet de la pénurie d’équipement pour le personnel de première ligne.

Mme Stoddart ajoute que ces travaux lui ont permis de constater que ses compétences en génie et celles de son équipe pouvaient être appliquées à d’autres domaines.

« Les ingénieurs sont formés pour résoudre des problèmes et pour réfléchir à la manière d’appliquer leurs compétences à toute nouvelle situation. Il est dans la nature d’un ingénieur de vouloir réparer des choses, de les faire fonctionner. Je l’ai observé au sein de notre équipe : tout le monde travaille sans relâche pour trouver des solutions, faire en sorte que les choses fonctionnent et déterminer comment nous pouvons donner un coup de main. »

« Nous n’avions jamais travaillé dans le secteur de la santé. Nous sommes des spécialistes de l’eau et des eaux usées, mais nous avons cette expertise unique et nous sommes en présence d’un problème auquel nous pouvons trouver des solutions. Les circonstances sont malheureuses, mais cette pandémie nous a montré que nos connaissances peuvent servir à d’autres domaines. »

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