Engineers Canada logo

Le travail des champions : Engineers Yukon

2019.11.07

Le groupe des champions 30 en 30, qui compte plus de 40 membres à l’échelle nationale, planche sur des stratégies et des plans d’action en vue d’améliorer le recrutement, le maintien et le développement professionnel des femmes en génie. Le réseau des champions constitue une importante force de changement au sein de la profession d’ingénieur et un élément essentiel de l’objectif 30 en 30 d’Ingénieurs Canada, qui vise à faire passer le pourcentage de femmes parmi les nouveaux ingénieurs à 30 % d’ici 2030.

Ce mois-ci, Kirsten Hogan, championne 30 en 30 d’Engineers Yukon, nous parle de certaines de ses expériences de travail au sein du programme et de ses réflexions sur ce qui sera nécessaire pour atteindre l’objectif 30 en 30.

 la diversité; groupe de personnes souriantes aux couleurs de l'arc-en-cielQuels sont les points saillants de votre travail sur l’initiative 30 en 30 dont vous aimeriez nous faire part ?
Le travail réalisé par le comité 30 en 30 d’Engineers Yukon est axé sur la création d’une communauté de femmes en génie à l’échelle locale, afin que nous disposions du soutien et du dynamisme nécessaires à un travail de sensibilisation au-delà de l’organisme. Cette communauté a été une merveilleuse réussite pour nous. Comme nous sommes un petit organisme, nous avons la possibilité d’appuyer individuellement les ingénieurs et de leur fournir les contacts et le mentorat dont ils ont besoin pour réussir leur carrière et s’épanouir.

Lorsque notre communauté a été mise sur pied, nous avons travaillé avec d’autres organismes qui encouragent les femmes et les filles dans le domaine des STIM à participer aussi aux événements en génie. Nous avons également travaillé avec le conseil d’Engineers Yukon pour qu’un esprit de parité soit appliqué à tout le travail que nous effectuons, c’est-à-dire veiller à ce que les comités chargés du développement professionnel, des recommandations de bonne pratique, de la sensibilisation et autres réfléchissent à des moyens d’améliorer leur lien avec les femmes en génie.

Quels sont, selon vous, les principaux obstacles à la réalisation de l’objectif 30 en 30 ?

Je crois qu’un obstacle majeur est le changement de culture nécessaire pour que les femmes deviennent des participantes à part entière dans leurs milieux de travail. Ce changement est difficile, car il nous demande à tous de sortir un peu de notre zone de confort et de prendre des décisions en matière d’embauche, de promotion et de direction qui ne correspondent pas forcément à notre premier réflexe. De nombreux organismes qui appuient l’initiative 30 en 30 tentent d’effectuer ce changement par l’entremise de politiques et de mesures incitatives, mais en définitive il s’agit toujours d’un choix personnel. Pour atteindre l’objectif 30 en 30, nous devons tous faire le choix d’être inclusif dans notre milieu de travail. Il s’agit d’un effort constant et quotidien sur le terrain. C’est fatigant, mais le jeu en vaut la chandelle, car nous savons que lorsque les milieux de travail deviennent plus inclusifs, tout un chacun en bénéficie.

Quelles sont les choses les plus importantes que vous avez apprises en tant que championne 30 en 30 et dont d’autres intervenants pourraient tirer profit ?

Ce rôle me rappelle sans cesse l’importance des liens personnels. Les effets en cascade produits par le fait de nouer des liens avec des femmes en particulier et de les outiller pour qu’elles puissent prendre la parole pour demander des changements dans leur milieu de travail, ou viser des postes de gestion qu’elles n’auraient pas envisagés, peuvent avoir de fortes répercussions. J’espère que tous ceux qui, comme moi, travaillent sur l’initiative 30 en 30 n’oublient pas que bien qu’un changement radical soit une chose merveilleuse, de petits efforts individuels peuvent créer un changement bien plus concret et durable.

 groupe de femmes autour d'une table de travailSelon vous, que faudra-t-il faire pour atteindre l’objectif de 30 en 30 à l’échelle nationale ?

Je crois qu’un effort collaboratif entre les organismes de réglementation, l’industrie et le milieu universitaire sera nécessaire pour y parvenir. Nous avons déjà réalisé de remarquables avancées en mettant ces groupes en relation afin qu’ils puissent travailler de concert sur l’initiative 30 en 30. De nombreux programmes et politiques sont en place ou en cours d’élaboration, et chaque initiative nous rapproche un peu plus de l’objectif. Je ne crois pas qu’il y ait une seule bonne réponse à cette question. J’espère que le travail que nous réalisons permettra d’éliminer les obstacles auxquels font face les femmes pour être pleinement acceptées dans les milieux de travail de tous les horizons.