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Mois de la fierté : EngiQueers s’efforce d’accroître la diversité en génie

2018.06.28

EngiQueers logo

Juin est le Mois de la fierté, et l’engagement pris par Ingénieurs Canada d’améliorer la diversité et l’inclusion au sein de la profession demeure une grande priorité. À cet égard, l’une des façons de promouvoir la diversité consiste pour Ingénieurs Canada à reconnaître et soutenir les groupes qui partagent son point de vue : c’est le cas d’une organisation remarquable qui a été créée par un petit groupe d’étudiants très mobilisés.

Quand Vanessa Raponi était en deuxième année de son programme de génie des matériaux et gestion à l’Université McMaster, elle a participé au défilé Toronto Pride avec un groupe d’amis. L’expérience a été tellement positive qu’elle leur a donné l’idée de créer à l’Université McMaster un espace permettant aux étudiants queers et à leurs alliés de se réunir, un groupe maintenant connu sous le nom d’EngiQueers.

Depuis sa création en 2013, EngiQueers a pris de l’expansion pour devenir une entité nationale comptant plus de 30 sections locales, en grande partie grâce au dévouement de Vanessa Raponi, fondatrice et première présidente. Initialement créé comme un espace d’interaction sociale, le groupe a vu sa mission s’élargir pour englober la défense de la cause et la sensibilisation à la diversité et à l’inclusion intersectionnelles au sein de la communauté du génie.

Vanessa Raponi« À terme, nous voulons aider le plus grand nombre possible de personnes à comprendre l’inclusion et la diversité, regrouper notre communauté, et amener la profession à accueillir à bras ouverts une diversité de personnes », dit Vanessa Raponi au sujet de la mission d’EngiQueers.

Alexander Dow, qui a assuré la vice-présidence d’EngiQueers pendant son expansion nationale, fait écho aux sentiments de Vanessa Raponi en ajoutant qu’il aimerait voir « une évolution, que l’expression diversité en génie ne privilégie pas un type de diversité plutôt qu’un autre. Idéalement, cela suggérerait plutôt que quiconque peut satisfaire aux exigences peut devenir ingénieur – sans aucun obstacle ».

Pour Vanessa Raponi, le grand objectif d’accroître la diversité en génie passe par la visibilité. « Voir des écoles de génie participer à des défilés de la fierté partout au pays aide à montrer au public et aux jeunes que c’est normal dans les écoles canadiennes », dit-elle. Depuis qu’elle s’implique dans EngiQueers, elle dit avoir observé des changements positifs dans le ton et les actions de bien des gens, soulignant que « le nombre d’alliés a considérablement augmenté au fil des ans, et plus de gens comprennent ce qui leur était inconnu et sont capables de nous accepter et de nous appuyer ». 

Alexander DowPar ailleurs, l’évolution vers la constitution d’une organisation nationale n’a pas toujours été facile. Alexander Dow, qui a récemment terminé ses études en génie civil et gestion à l’Université McGill, indique qu’un de leurs plus grands défis a été de gagner l’adhésion d’étudiants d’autres universités aux objectifs d'EngiQueers. « Quand j’ai d’abord assumé le rôle de vice-président, dit-il, la plupart des leaders d’organisations d’étudiants LGBTQ+ d’université québécoises à qui j’ai parlé estimaient que le conservatisme du milieu du génie au Québec freinait leur acceptation. » Ainsi, une grande partie de son travail, dit-il, a consisté à conseiller leurs alliés sur la façon d’aborder les autres au sujet d’enjeux allant de l’organisation d’événements communautaires, aux relations entre les clubs et la faculté, en passant par le soutien des étudiants transgenres ou séropositifs.

EngiQueers a remporté des victoires importantes, mais a aussi dû faire face à des défis liés à sa croissance rapide – l’entité est passée de multiples organisations rattachées à une seule université à un organisme national de revendication. Selon Vanessa Raponi, il a fallu beaucoup de travail assidu « pour créer des partenariats et trouver des sources de financement, tout en assurant la santé de nos membres, en organisant nos opérations internes et en maintenant l’élan national en faveur de l’inclusion ».

Alexander Dow dit que la plus grande difficulté a été de comprendre les différents principes directeurs et structures des organismes de réglementation et de trouver la clé de la communication avec ceux-ci, en plus de comprendre les différences entre les groupes LGBTQ+ à l’intérieur et à l’extérieur des universités. L’un des meilleurs conseils qu’il a reçus lui a été donné par son doyen Jim Nicell, qui lui a dit de ne pas laisser les documents constitutifs restreindre l’organisation : « C’est comme un poisson dans un bocal trop petit – il ne peut pas explorer ou essayer de nouvelles choses. » En effet, en tant qu’organisation en croissance, il a été impératif pour EngiQueers de travailler systématiquement à trouver un équilibre entre la consolidation et une ouverture envers l’évolution.

À titre de conseil pour ceux qui font face à de l’adversité, Alexander Dow dit avoir appris qu’il est important d’écouter les points de vue des autres avant d’en arriver à une conclusion. « Recherchez les gens qui sont directement touchés par des politiques ou des développements, dit-il. Écouter comment les politiques les touchent peut vous aider à trouver une façon d’atténuer les problèmes, et travailler avec la communauté peut mener à des solutions qui auront un plus grand impact. »

Même si EngiQueers a accompli beaucoup de choses depuis sa création, il semble bien que sa croissance se poursuivra. Depuis la fin de leurs études en juin, Raponi et Dow n’occupent plus de rôles de leadership, mais ils continueront à servir de conseillers nationaux auprès de la nouvelle présidente Madeline Sialtsis. Ce qu’ils lèguent, en plus de l’organisation elle-même, c’est un plan quinquennal qui prévoit l’intégration des programmes de cycles supérieurs en génie et sciences appliquées.

La croissance future d’EngiQueers pourrait aussi boucler la boucle. « Aider les personnes qui s’identifient comme queers, espère Alexander Dow, peut fédérer les voix minoritaires et produire une percée au sein de la profession des sciences appliquées. »

« Je sais qu’il y a encore beaucoup de choses à venir, indique Vanessa Raponi, et nous sommes maintenant plus nombreux que jamais pour faire face à ce que l’avenir nous réserve. »