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Le Climate Risk Institute s’explique sur sa vision du programme de PRI

2020.09.24

Le 7 juillet 2020, Ingénieurs Canada et le Climate Risk Institute (CRI) annonçaient conjointement avoir conclu une entente pour que le CRI assume la propriété du Programme de certification de Professionnel de la résilience des infrastructures (PRI). Ce programme prend la forme d’une série de cours sur la gestion des actifs, la gestion du risque, le Protocole du Comité sur la vulnérabilité de l’ingénierie des infrastructures publiques (CVIIP) et le droit du climat.

La propriété du programme de PRI ayant été maintenant transférée au CRI, Ingénieurs Canada a communiqué avec l’institut pour discuter de plusieurs choses : comment ce programme s’inscrit dans le mandat du CRI; la somme de travail réalisée depuis la prise de possession du Programme, en juillet 2020, et ce que le CRI prévoit pour le Programme à l’avenir.

Ingénieurs Canada : Quel est le mandat du CRI et en quoi le programme de PRI s’inscrit-il dans ce mandat?

Erik Sparling, vice-président, CRI : Notre mandat est de faire progresser la pratique et d’offrir des services liés à l’évaluation des risques posés par les changements climatiques, à la planification des mesures d’adaptation, mais aussi aux politiques et à la résilience. Le cœur de notre mission est de renforcer les capacités et de travailler avec différents types de professionnels pour qu’ils tiennent davantage compte des changements climatiques dans l’exercice de leur profession. Par conséquent, le programme de PRI correspond parfaitement à l’esprit de notre mandat.

Al Douglas, président, CRI : L'un de nos principaux axes de travail au sein du CRI est la formation. Nous concevons et offrons depuis longtemps du matériel de formation destiné à différents publics. Ce matériel est en lien avec l’information sur les changements climatiques et la science du climat. Plus récemment, nous avons approfondi le domaine de la planification professionnelle. Nous avons pensé que ce serait un bon complément aux efforts que nous déployons pour créer et offrir du matériel de formation. Nous avons donc soumis une proposition et avons hérité du programme de PRI, qui sera hébergé ici et dispensé partout au Canada.

Ingénieurs Canada : Comment le CRI a-t-il participé au Programme de PRI avant d’en devenir propriétaire en juillet 2020?

Erik Sparling : Un certain nombre de nos employés et de nos associés ont participé à l’élaboration initiale du matériel des cours de PRI et à leur enseignement, sans parler de notre contribution, au fil du temps, à la préparation, l’évolution et l’application du Protocole du CVIIP – ce protocole étant bien sûr le sujet de l’un des cours de PRI.

Ingénieurs Canada : Le Climate Risk Institute est l'un des trois organismes – aux côtés de l’Institut de prévention des sinistres catastrophiques (ICLR) et de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH – qui se sont associés, début 2020, pour prendre en charge et exploiter le programme du Comité sur la vulnérabilité de l’ingénierie des infrastructures publiques (CVIIP). En quoi le Programme de PRI complète-t-il ce travail?

Al Douglas : Les deux programmes présentent de nombreuses facettes complémentaires. Tout cela vient d’Ingénieurs Canada, qui est à l’origine de ces deux programmes. Plus précisément, le Programme de PRI comprend un cours consacré au Protocole du CVIIP et à la façon de le comprendre et de l’appliquer. Nous nous sommes également interrogés, avec nos partenaires – ICLR et GIZ – sur la manière dont ces deux programmes pourraient se compléter encore davantage et interagir. Pour être plus précis : comment obtenir des conseils auprès d’autres personnes partout au pays, des groupes d’experts pouvant nous donner leur avis sur la façon dont les choses se passent, les éléments nécessaires pour faire évoluer à la fois le Protocole du CVIIP et le contenu de la formation du Programme de PRI.

Erik Sparling : Pour enchaîner sur ce que dit Al, par exemple, l’ICLR reçoit des demandes au sujet du Protocole du CVIIP et de son application à des projets d’envergure qui doivent faire l’objet d’évaluations en vertu de l’Optique des changements climatiques. Dans le cadre de ces demandes au sujet du Protocole du CVIIP et de son utilité dans les applications de l’Optique des changements climatiques, nous avons compris qu’il faudrait offrir davantage de conseils, de soutien et de formation pour enseigner comment utiliser le Protocole dans ce contexte. Nous sommes donc en train de mettre au point un sous-module du cours sur le Protocole qui portera précisément sur la manière de l’utiliser dans le cadre des évaluations réalisées en vertu de l’Optique des changements climatiques. Donc, je crois que tous ces échanges sont féconds : les praticiens du Protocole approchent l’ICLR au sujet du Protocole et de la manière de l’utiliser, puis nous modifions le contenu du Programme de PRI pour l’adapter aux besoins qui ont été exprimés.

Ingénieurs Canada : Depuis juillet 2020, le CRI assume officiellement la propriété et le contrôle du Programme de PRI. Quelles sont les premières choses sur lesquelles vous vous êtes concentrés depuis?

Erik Sparling : Nous nous sommes concentrés sur un certain nombre de choses. Nous avons passé en revue le contenu des quatre cours existants et avons établi des priorités pour l’actualiser. Quelques-uns de ces cours ont été dispensés la dernière fois il y a environ deux ans. Il fallait donc mettre à jour certaines des données scientifiques relatives au climat, et d’autres aspects du contenu. Et nous avons changé l’aspect visuel de tout le matériel pédagogique.

Nous avons également commencé à établir des liens avec d’importants partenaires régionaux qui contribueront à promouvoir la formation. Par exemple, en octobre ou novembre, nous espérons donner pour la première fois le cours sur le Protocole du CVIIP en Colombie-Britannique. Nous travaillons donc avec Engineers and Geoscientists BC pour le dispenser. Parallèlement, nous rassemblons un certain nombre d’associés dont le rôle sera essentiel pour contribuer à la mise à jour et à la prestation de certaines parties du Programme de PRI. Nous discutons aussi avec d’éventuels bailleurs de fonds qui pourraient nous aider à actualiser le contenu et à dispenser la formation dans les plus brefs délais. Nous sommes également en communication avec GIZ pour déterminer en quoi le contenu du Programme pourrait être adapté à l’étranger pour répondre à des besoins de formation.

En résumé, on pourrait dire que nous nous sommes concentrés sur la mise à jour et la mobilisation.

Ingénieurs Canada : À plus long terme, quelle est votre vision du Programme de PRI?

Al Douglas : Le travail dont Erik a parlé va nous occuper pendant au moins 18 mois à deux ans. Nous aimerions que le Programme évolue, prenne de l’ampleur et soit offert dans les plus brefs délais. Globalement, l’objectif est de former le plus grand nombre possible de personnes qui pourront appliquer leurs connaissances à leur contexte professionnel. Nous pensons à un certain nombre d’autres sujets de cours, nous espérons donc que le programme va se diversifier.

Outre la prestation de cours, il y a un autre aspect, à savoir la reconnaissance du certificat. Nous aimerions continuer à discuter avec les associations d’ingénieurs au pays au sujet du titre de PRI, pour donner à cette formation un caractère, disons, plus formel.

Bien entendu, chaque cours du Programme de PRI peut être suivi sans viser l’obtention d’une certification. Cela signifie, par exemple, que les praticiens qui veulent essentiellement accumuler des connaissances sur le Protocole du CVIIP peuvent suivre le cours sans être obligés de suivre les autres cours au programme.

D’autres initiatives sont également en cours ailleurs au pays pour mettre au point des formations semblables destinées aux professionnels – du génie, mais aussi d’autres secteurs. Nous voulons examiner ce qui se fait ailleurs et établir des liens pour nous assurer que nous sommes en synergie avec ce qui se passe dans les autres régions du pays.

Ingénieurs Canada : Donc, à plus long terme, le Programme de PRI pourrait être pertinent pour d’autres professions, outre les ingénieurs?

Ian Douglas : Certainement. Quand on s’arrête aux compétences que cette formation permet d’acquérir, on se met à réfléchir à ce dont d’autres professions auraient besoin pour intégrer une expertise sur le climat à leur travail, et ce, quel que soit leur domaine. Au fil du temps, le CRI a créé ce contenu pour différents professionnels. Nous avons donc cette capacité de regarder comment appliquer cette formation et ce contenu à d’autres professions.