Dans le cadre de la célébration de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation à Ingénieurs Canada, les membres du personnel ont participé à une formation visant à explorer la façon dont la sécurité culturelle peut être intégrée au sein de notre organisation et de la profession d’ingénieur dans l’ensemble.

La formation s’inscrit dans le contexte plus large du cadre et du plan d’action de vérité et de réconciliation d’Ingénieurs Canada. La phase initiale du plan met l’accent sur le renforcement des capacités internes, de la crédibilité et de la confiance avant d’envisager un changement à plus grande échelle au sein de la profession. La sensibilisation du personnel à la sécurité culturelle autochtone permet de créer les conditions nécessaires à une réconciliation authentique et durable en renforçant l’humilité culturelle, en améliorant la compréhension des récits et des réalités autochtones, et en favorisant des relations respectueuses avec les peuples et les communautés autochtones.

Animée par Jordan Stehelin-Holland, de Len Pierre Consulting, cette séance a abordé la sécurité culturelle autochtone dans le contexte colonial historique du Canada. Elle a également montré comment ces systèmes et ces idéologies continuent d’exister et de se propager au fil du temps. Les participant.e.s ont examiné la façon dont les textes législatifs tels que la Loi sur les Indiens ont façonné les environnements juridiques, administratifs et physiques dans lesquels les projets de génie sont conçus, réglementés et mis en œuvre. Elle a encouragé les participant.e.s à se demander comment les systèmes historiques de colonisation influencent les définitions de la réussite, du risque, de la consultation et du développement.

Dans ce contexte, Mme Stehelin-Holland a introduit le concept de la double perspective. Cette approche encourage à combiner les perspectives et les atouts des systèmes de savoir autochtones avec ceux des systèmes de savoir occidentaux. Par exemple, là où le savoir occidental excelle dans les approches logiques et fondées sur les données, s’appuyant sur la méthode scientifique, il peut être combiné avec les modes de connaissance autochtones qui mettent l’accent sur les avantages pour la communauté, les rôles intergénérationnels et la prise en compte du temps cyclique, afin de garantir que les fruits de la connaissance soient équitablement mis au service d’un bien commun plus large. Les participant.e.s ont discuté de la façon de renforcer leur capacité à résoudre les problèmes en réunissant ces deux perspectives, mettant en lumière des aspects que les approches conventionnelles seules pourraient négliger.

La formation a également présenté les principes d’une pratique professionnelle qui tient compte des traumatismes. Fondée sur la compréhension et la prise en compte de l’effet des traumatismes, elle met l’accent sur la sécurité physique, psychologique, émotionnelle et culturelle de chacun. Pour les survivant.e.s, cela favorise la reconstruction d’un sentiment de contrôle et d’autonomisation.

Une approche qui tient compte des traumatismes invite les participant.e.s à explorer certaines questions, dont les suivantes :

  • Comment le processus de mobilisation peut-il générer du stress ou de la méfiance ?
  • Demandons-nous aux personnes de raconter à plusieurs reprises des récits douloureux ?
  • Les délais sont-ils imposés ?
  • Les réunions techniques sont-elles accessibles et respectueuses ?
  • Créons-nous de véritables occasions de dire non, de marquer une pause, de réévaluer la situation ou de changer de cap ?

En remettant en question ces réponses dans nos pratiques de mobilisation, on peut s’orienter vers la sécurité culturelle et la défense des droits, et s’éloigner des formes d’évitement culturel qui perpétuent les préjudices.

La séance s’est conclue en soulignant que la sécurité culturelle autochtone n’est pas une fin en soi, mais une pratique continue. Les participant.e.s ont été encouragé.e.s à continuer d’examiner leurs paroles et leurs comportements, et à réfléchir à des questions comme les suivantes : quels sont les savoirs qui manquent ? Qui sont les détenteurs de droits ? Qui définit le problème ? À quoi ressemble une participation significative ?

Bon nombre des concepts explorés par le personnel d’Ingénieurs du Canada ont un lien direct avec la pratique du génie. Des notions telles que la sécurité culturelle autochtone, la « double perspective », la prise de décision partagée, la définition communautaire de la réussite et la mobilisation qui tient compte des traumatismes encouragent les ingénieur.e.s à se demander quelles perspectives sont prises en compte dans la prise de décision, comment les projets touchent les communautés et à quoi ressemble une participation authentique dans la pratique.

Faire avancer la réconciliation signifie que chacun a un rôle à jouer dans la création de milieux de travail et d’environnements professionnels plus respectueux, plus équitables et plus sécuritaires sur le plan culturel. Alors qu’Ingénieurs du Canada poursuit son cheminement vers la réconciliation, des initiatives telles que cette formation sur la sécurité culturelle autochtone offrent un espace précieux de réflexion, d’apprentissage et de dialogue, aidant ainsi l’organisation à développer la compréhension nécessaire pour favoriser des relations respectueuses avec les peuples autochtones.