Énoncé d’enjeu : 21 février 2017

Contexte

Depuis les dernières années, la recherche sur l'enseignement des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques (STIM) gagne du terrain et est de plus en plus valorisée à l’échelle internationale. Cette croissance est soutenue par une hausse substantielle des fonds destinés à la recherche. Par exemple, les États-Unis versent chaque année sept milliards de dollars américains à l’enseignement des STIM, dont 105 millions par l’intermédiaire de la Fondation nationale des sciences, pour améliorer les études de premier cycle dans ce domaine.

Pour demeurer concurrentiels à l’échelle internationale et mieux soutenir les aspirations technologiques du Canada, les responsables des  programmes de STIM cherchent à améliorer le contenu et la prestation de leurs programmes. C’est assurément le cas de l'enseignement du génie, un élément clé de la compétitivité du Canada. Néanmoins, l’absence de financement consacré à la recherche sur le sujet freine la capacité d’explorer les interactions complexes entre les universités et l’industrie, la réussite des diplômés au Canada et les incidences de la refonte des programmes.

Malgré ces difficultés de financement, plusieurs universités canadiennes (notamment l’Université de Toronto, l’Université du Manitoba et l’Université Queen’s) ont établi ou sont en train de mettre sur pied des programmes et des cours de deuxième cycle en génie. La majorité de ces chercheurs canadiens comptent à la fois sur des contrats de fondations, des donateurs et l’industrie pour soutenir la recherche, et un nombre important d’études sont menées sans financement. Il est tout simplement impossible de mettre sur pied des programmes de recherche sur l'enseignement du génie sans source de financement stable et viable. Les efforts admirables de ces chercheurs ont donc un potentiel limité en ce qui a trait à la conception de programmes. Certains établissements d’enseignement ont créé des fonds internes destinés aux initiatives éducatives, mais ceux-ci sont souvent maigres et offrent peu d’occasions d’en apprendre sur la façon de mener à bien ou de soutenir des recherches en éducation. Les petites subventions internes tendent également à limiter le savoir à l’échelle locale et en restreignent la diffusion. Plus important encore, le manque de financement laisse croire que la recherche sur l'enseignement du génie n’est pas valorisée ni nécessaire, alors que, en réalité, c’est tout le contraire. Le Canada doit renforcer ses facultés de génie de classe mondiale afin de maintenir son leadership international en génie et assurer la prospérité de l’économie.

Principaux points

  • Il y a d’importantes lacunes dans l’écosystème du financement de la recherche au Canada. Il est crucial que le gouvernement fédéral crée un programme de financement pour soutenir la recherche sur l'enseignement postsecondaire des STIM.
  • Ces lacunes sont en partie attribuables au manque de coordination entre les conseils qui subventionnent la recherche.
  • Le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) offre du financement à la recherche sur l'enseignement des STIM au primaire et au secondaire, mais essentiellement aux chercheurs des sciences humaines et sociales.
  • Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) n’a pas de comité de sélection qui traite de la recherche sur l'enseignement disciplinaire, ce qui complique la tâche des facultés de génie qui souhaitent obtenir du financement à la recherche sur l'enseignement dans leurs propres domaines, par exemple, pour un professeur de génie qui voudrait étudier la façon d’améliorer son propre enseignement. Le problème de l’insuffisance du financement de la recherche se situe au niveau des mandats du CRSNG et du CRSH; pour y remédier, il faudrait améliorer la coordination entre les deux conseils subventionnaires.

Prochaines étapes

  • Ingénieurs Canada travaille actuellement à un énoncé de principe national sur le financement de la recherche sur l'enseignement du génie dans lequel il présentera les prochaines mesures que le gouvernement fédéral pourrait adopter. Cet énoncé de principe national sera publié à l’automne 2017.
  • Ingénieurs Canada continuera de travailler avec le gouvernement fédéral à cet enjeu.