Chaque année, le 8 mars, la Journée internationale des femmes (JIF) est l’occasion de réfléchir aux progrès réalisés en matière d’égalité des genres, ainsi qu’au travail qui reste à accomplir. Le thème de la Journée internationale des femmes de cette année, Donner pour recevoir, souligne le pouvoir de la réciprocité et du soutien : lorsque nous investissons dans les autres, que ce soit par le mentorat, la défense des droits, le leadership ou autre, nous renforçons non seulement les individus, mais aussi des communautés et des professions entières. Dans le domaine du génie, ce principe est particulièrement puissant. Chaque geste de soutien contribue à créer un avenir plus inclusif, plus innovant et plus résilient.

Le thème Donner pour recevoir fait manifestement écho au Mois national du génie et à son appel à l’action : Les ingénieur.e.s ouvrent des portes. Alors que le Canada célèbre la JIF 2026 en même temps que le Mois national du génie, la profession d’ingénieur met en lumière la façon dont les ingénieur.e.s ouvrent des portes vers de nouvelles possibilités d’avenir. Lorsque les ingénieur.e.s donnent de leur temps, partagent leurs expériences et défendent l’équité, ils et elles ouvrent des portes pour la prochaine génération. C’est ainsi que la profession acquiert de nouveaux points de vue, un leadership plus fort et un impact plus important.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes 2026, nous mettons à l’honneur quatre femmes issues de l’écosystème du génie qui ouvrent des portes pour la prochaine génération. Bien que nous brossions le portrait de ces femmes pour marquer la Journée internationale des femmes, la promotion de l’équité dans le domaine du génie n’est pas la responsabilité des femmes seules. Pour réaliser des progrès véritables, il faut la participation active d’alliés de tous genres – dirigeant.e.s, collègues, éducateur.rice.s et étudiant.e.s – qui s’engagent à lutter contre les obstacles et à créer des milieux inclusifs. Par leur travail, leur mentorat et leur leadership, ils et elles incarnent l’esprit de Donner pour recevoir, démontrant ainsi comment le fait de soutenir les autres aujourd’hui contribue à créer une profession d’ingénieur plus inclusive pour demain.

Le point de vue des organismes de réglementation : donner le ton au niveau du système

« Lorsque nous investissons dans des programmes de mentorat, nous améliorons globalement le moral au travail. »

Lisa Stepnuk portrait

« Les organismes de réglementation du génie sont essentiellement les gardiens de la profession », explique Lisa Stepnuk, ingénieure stagiaire, directrice de l’équité et de la représentation chez Engineers Geoscientists Manitoba. À ce titre, les organismes de réglementation disposent d’outils uniques pour améliorer la profession, notamment la possibilité de mener des sondages auprès des praticien.ne.s, de cerner les inégalités et de concevoir des solutions.

Par exemple, en 2021, Engineers Geoscientists Manitoba a mené un sondage auprès des femmes qui avaient quitté la profession au cours des 15 années précédentes. Les thèmes qui sont ressortis et qui méritent d’être résolus comprenaient le harcèlement, les politiques de congé inéquitables, les préjugés dans la reconnaissance des compétences et l’attribution des tâches, ainsi que le manque de mentorat équitable. « Nous nous efforçons désormais de remédier à ces problèmes », déclare Mme Stepnuk.

L’organisme de réglementation contribue à ouvrir des portes grâce à des initiatives telles que la Manitoba 2030 Coalition, créée pour promouvoir l’équité des genres dans le domaine du génie. La coalition utilise les résultats de recherches pour concevoir des événements de développement professionnel et des programmes de mentorat qui ciblent les obstacles cernés.

Mme Stepnuk explique ce que la profession dans son ensemble y gagne : « Lorsque nous sommes outillés des compétences nécessaires pour cerner, minimiser et traiter le harcèlement dans nos milieux de travail, nous améliorons les conditions des employés, quels que soient leur genre et leur identité. Lorsque nous investissons dans les pratiques exemplaires en matière de congés, nous fidélisons les parents, quels que soient leur genre et leur structure familiale, les professionnel.le.s qui reviennent d’un congé médical ou d’invalidité, et les soins d’affirmation de genre. Lorsque nous investissons dans des programmes de mentorat, nous améliorons globalement le moral au travail. »

Le mentorat est toujours au cœur de ces efforts. Le programme de mentorat « Women in Engineering and Geoscience » met en relation chaque année entre 150 et 200 étudiantes, stagiaires et professionnelles, créant ainsi une communauté dans un domaine où de nombreuses femmes étaient les « seules femmes dans la salle, sur le chantier ou à l’usine ».

Les relations à long terme qui naissent du programme montrent bien un retour sur investissement évident : lorsque les organismes de réglementation contribuent à ouvrir des portes, c’est toute la profession qui y gagne.

Le point de vue de l’éducateur.rice : créer des répercussions durables

« Sans diversité, l’innovation s’affaiblit. En ce sens, ouvrir des portes n’est pas symbolique, c’est essentiel à l’excellence en génie. »

Amy Hsiao Krouglicof portrait

Au niveau des salles de classe et des établissements, les éducateur.rice.s créent leurs propres voies vers l’équité.

Amy Hsiao Krouglicof, P.Eng., professeure à la School of Sustainable Design Engineering de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, a été témoin de l’impact du soutien. « Sans inclusion, notre capacité à résoudre des problèmes s’en trouve compromise », explique-t-elle. « Sans diversité, l’innovation s’affaiblit. En ce sens, ouvrir des portes n’est pas symbolique, c’est essentiel à l’excellence en génie. »

Cette philosophie prend vie grâce à l’initiative ProGRES (Promoting Girls in Research in Engineering and Sustainability), un programme d’été de cinq semaines qu’elle a fondé en 2017 avec le financement du programme PromoScience du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG). Conçu pour les filles et les étudiants non binaires de 11e et 12e année, le programme met les élèves en relation avec des professeures ou des étudiantes en génie et leur confie un projet de recherche indépendant. Le programme organise également souvent des visites de sites d’ingénierie et des rencontres avec des ingénieur.e.s en exercice.

L’initiative ProGRES aide les élèves du secondaire à découvrir l’ingénierie, à surmonter ce qui peut souvent les intimider et il renforce leur confiance avant même leur arrivée sur le campus en première année d’ingénierie, explique Mme Hsiao Krouglicof.

Désormais dans sa dixième année, ProGRES s’est développée et est devenu qu’elle décrit comme un effet d’entraînement. « Un.e étudiant.e revient et amène dix de ses camarades, qui sont eux aussi étudiant.e.s en génie. Les membres de leur famille savent ce qu’est l’ingénierie. Leurs enseignant.e.s et leurs conseiller.ère.s le savent aussi. Et les étudiant.e.s eux-mêmes deviennent des leaders. Ce n’est pas une réussite individuelle. Tout le monde y gagne. »

Le point de vue des étudiant.e.s : l’appartenance construit l’avenir

« Ce sentiment d’appartenance est ce qui permet aux étudiant.e.s de rester, de s’épanouir et de réussir. »

Sameeah Choudhry portrait

Sameeah Choudhry, étudiante en troisième année de génie électrique au campus Barrie de l’Université Lakehead, comprend l’importance du mentorat et des modèles grâce à son expérience. Elle a été la première de sa famille à fréquenter l’université et la seule femme parmi les 27 étudiants en génie de sa promotion initiale. « L’équité ne se fait pas toute seule, elle nécessite un soutien intentionnel », explique-t-elle.

Désormais déterminée à ouvrir des portes pour d’autres, Mme Choudhry occupe le poste de commissaire à la gouvernance de la Fédération canadienne étudiante de génie (FCEG) et participe activement à l’association des étudiant.e.s en génie de son campus. Elle contribue à faire du Barrie STEM Hub un espace inclusif où les étudiant.e.s n’ont pas l’impression d’être seuls dans leur parcours d’ingénierie.

« Chaque fois que quelqu’un a choisi de me soutenir, que ce soit par le biais d’un mentorat ou en m’encourageant à assumer des rôles de leadership, cela a fait la différence entre me sentir isolée et avoir le sentiment d’appartenir à un groupe », explique Mme Choudhry. « Et c’est ce sentiment d’appartenance qui permet aux étudiants et étudiantes de rester, de s’épanouir et de réussir. »

Mme Choudhry est également coordinatrice bénévole pour l’Université Lakehead au sein de l’organisation Parlons sciences. Elle fait découvrir les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) aux élèves de la maternelle à la 12e année à Barrie, Midland et dans les communautés autochtones voisines. Elle fait remarquer que le fait d’être exposé tôt à ces domaines et d’avoir des modèles visibles peut changer la façon dont les jeunes se perçoivent dans le domaine du génie.

« Je pense que beaucoup d’élèves décident que l’ingénierie n’est pas faite pour eux bien avant même de comprendre ce que c’est », dit-elle. « Des expériences STIM inclusives et pratiques, comme celles que je propose à Parlons sciences, et des modèles diversifiés dès le plus jeune âge peuvent complètement changer cette perception. »

Le point de vue de l’industrie : tracer la voie à suivre

« Nous essayons toujours d’attirer les gens pour qu’ils comprennent que c’est une possibilité pour eux. »

Pour Diana Young, vice-présidente principale, Stratégie, ingénierie et opérations chez Spin Master, donner pour recevoir et ouvrir des portes fait partie intégrante de la culture de l’entreprise. Spin Master soutient des initiatives de sensibilisation telles que les journées « Future of Play », au cours desquelles l’entreprise accueille des élèves de la maternelle à la 12e année dans son siège social de Toronto pour leur faire découvrir les carrières dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie, des arts et des mathématiques (STIAM) et leur montrer comment les jouets et les jeux sont conçus. L’entreprise participe également à l’événement « Toronto Doors Open », qui permet aux visiteurs de découvrir les coulisses de l’ingénierie en action.

Depuis 2021, le programme de bourses d’études Future of Play de Spin Master soutient 40 créateurs émergents issus de communautés sous-représentées au Canada et aux États-Unis, en leur offrant des bourses d’études supérieures et du mentorat. L’entreprise parraine également des organisations telles qu’EngiQueers Canada afin de mettre en avant la valeur de la diversité des points de vue dans le domaine du génie.

« Nous essayons toujours d’attirer les gens pour qu’ils comprennent que c’est une possibilité pour eux », explique Mme Young, soulignant que l’ingénierie peut être créative, ludique et axée sur l’impact.

Bien sûr, ce travail de sensibilisation présente des avantages pratiques, explique Mme Young : il renforce la réserve de talents. Mais fondamentalement, ce travail et le soutien apporté par Spin Master aux groupes sous-représentés reflètent les valeurs de l’entreprise et répondent aux attentes du personnel.

« Il est important pour nos employés de redonner à la communauté », explique Mme Young. « Nous avons créé cette culture d’ouverture et d’acceptation. Il est important pour moi et pour [notre personnel] que nous la favorisons en dehors de notre espace, que nous montrions que ces lieux de travail existent [dans le domaine du génie] — et que nous en faisons partie. »

Au sein des organismes de réglementation, des milieux universitaires, des associations étudiantes et de l’industrie, le principe Donner pour recevoir trouve un écho en tant que stratégie pratique visant à renforcer le génie pour tous. Le mentorat, la défense des intérêts et les modèles visibles apparaissent régulièrement comme des outils essentiels pour ouvrir des portes et cultiver un sentiment d’appartenance. Les programmes qui offrent une exposition dès un jeune âge, des expériences pratiques et des milieux d’apprentissage inclusifs surmontent les obstacles et permettent aux étudiant.e.s de tous les horizons et avec tous types d’expériences de se lancer dans l’ingénierie en toute confiance et de persévérer face aux défis.

Alors que nous célébrons la Journée internationale des femmes 2026 parallèlement au Mois national du génie, ces récits montrent que, lorsque les ingénieur.e.s donnent de leur temps, de leur expertise et de leur soutien, ils et elles ne se contentent pas de donner les moyens d’agir à la prochaine génération, mais renforcent également la profession dans son ensemble. Dans chaque salle de classe, programme de mentorat, lieu de travail et action communautaire, les ingénieur.e.s et les étudiant.e.s en génie qui ouvrent des portes pour d’autres garantissent que le domaine du génie continue de prospérer grâce à des points de vue diversifiés, un leadership résilient et des possibilités partagées pour tous.