Il ne reste plus qu’un an à Ruby Sinclair pour obtenir son diplôme de premier cycle en génie mécanique et des matériaux à la Faculté de génie Smith de l’Université Queen’s, et, à la lumière de ses réalisations à ce jour, son avenir s’annonce prometteur.

En tant que directrice technique de la Queen’s Biomedical Innovation Team (QBiT), Ruby Sinclair a travaillé à la mise au point d’une puce microfluidique à faible coût pour le diagnostic de la carence en iode, d’un outil non invasif de détection de la jaunisse et d’un bras prothétique imprimable en 3D, actionné par la force musculaire, destiné aux survivants du conflit qui sévit actuellement en Birmanie. Elle a également été nommée co-capitaine de la QBiT pour sa quatrième année à l’Université Queen’s.

À l’issue de sa deuxième année, Ruby Sinclair a obtenu une bourse Cansbridge, grâce à laquelle elle a passé l’été à travailler en Corée du Sud pour une start-up spécialisée dans les technologies sportives, alors qu’elle n’avait jamais voyagé à l’étranger et ne parlait un seul mot de coréen. Elle qualifie ce séjour de l’« une des expériences les plus enrichissantes » de sa vie. C’est là-bas qu’elle a redécouvert sa passion pour les arts visuels, qu’elle avait mise de côté en raison de ses préparatifs pour l’entrée à l’université et de la pression liée aux études. Elle espère inciter d’autres ingénieur.e.s à s’exprimer davantage par le truchement de l’art.

En tant que bénéficiaire d’une bourse Zenith, Ruby Sinclair a participé à la conception d’un mécanisme de traction pour un rover lunaire et a corédigé une proposition visant à mener un essai expérimental d’administration intra-osseuse de médicaments en apesanteur, et ce, dans le but d’améliorer les soins médicaux dans l’espace. 

Lorsqu’on lui demande pourquoi ses projets sont si variés, elle explique qu’elle fait son choix en fonction des personnes avec lesquelles elle va travailler : « Il s’agit simplement de se laisser inspirer par celles qui sont de l’autre côté et d’avoir envie d’apprendre quelque chose d’elles. »

Ruby Sinclair encadre également d’autres étudiant.e.s en plus de militer en faveur de l’inclusion et du bien-être dans l’enseignement du génie. En reconnaissance de ce travail, Polytechnique Montréal lui a décerné la première bourse d’excellence Claudette-MacKay-Lassonde l’an dernier. 

Son désir d’aider les autres l’a amenée à créer un guide de première année en génie à l’Université Queen’s, période durant laquelle elle-même s’était sentie dépassée et avait eu du mal à concilier études et vie personnelle. Elle a transformé cette expérience en un site Web regorgeant de conseils pratiques et d’astuces qui a enregistré 1 000 visites dès les 24 premières heures.

La médaillée réfléchit déjà à la suite de son parcours, mais son objectif ultime est d’acquérir suffisamment d’influence dans le secteur du génie pour pouvoir y apporter de véritables changements : « J’aimerais beaucoup diriger une entreprise à la pointe du génie, mais aussi incarner ce que signifie propulser l’ingénierie au service de l’humanité et du bien commun. »